Préface de Jacques DUCRET MACE:                     "Carole CHABAT - Installation"



S’attarder, muser parmi les pièces uniques que présente Carole, c'est rentrer dans un univers d'une délicatesse extrême, empreint des parfums du 19ème siècle, tant s'y rencontrent et s'y embrassent dentelle, soie, lamelles de verre.


Règne surprenant dont la douceur toute féminine ne peut cacher le but de l'artiste.


L'on aimerait trouver, mêlée à celle des anciens parfums, l'odeur de la poussière recueillie par les doigts de Carole sur les jaquettes des livres oubliés. Poussière qui serait une neige évanescente, témoin de la profondeur du temps.


En ouvrant les portes de ces livres où les lamelles de verre ne cessent de boire la lumière, s'irisent et chatoient en fonction de cette dernière, j'ai pensé au livre de Queneau où la découpe des pages permettait de découvrir cent milliards de poèmes.


L'art de Carole s'attache à tous les sens . On voudrait, ou l'on croirait, mais que vaut l'art sans l'illusion? entendre la musique des lamelles de verre, donner à chacune une couleur, jusqu'à ce que la magie voulue par l'artiste nous fasse découvrir un arc en ciel.


J'aime les papillons réalisés par Carole dans les dentelles délicates ou les tissus veloutés que l'on n'oserait toucher de peur de voir s'abimer leur texture, comme si l'on touchait un papillon véritable, dérangeant l'harmonie de ses ocelles.


Mais, que l'on ouvre le livre et les ailes semblent palpiter.

Il y a, chez Carole, une recherche de vie à laquelle elle associe la lumière, une lumière qui ne peut-être que si l'accueille la transparence des pages de verre où l'aiguille ou la pointe ont tracé une invite à réfléchir à l'ineffable.


Sous les doigts de l'artiste la dentelle devient poème, ses O.V.N.I.S légers nous emmènent de l'autre côté du miroir.


Vers l'univers éthéré que l'artiste perçoit, tente de nous redonner.


Carole est une artiste comme l'était avec ses mots le professeur Lewis … CAROL…On pense aussi à la planète du petit prince, on s'attend à découvrir un renard, un baobab…


Proche du conte de fées, le monde de Carole devient plus merveilleux encore lorsque l'on comprend à quel point sa conception a été réfléchie et mûrie. L'on pense aux gouttes de rosée délicatement posées par l'aube sur la toile d'une épeire. On a envie de dire merci…



                                                                                                                           Jacques DUCRET MACE (Écrivain) - Septembre 2012

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